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 Fall Even (Chris A. Irslington)

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MessageSujet: Fall Even (Chris A. Irslington)   Mar 19 Juil - 10:06

Fall Even

Chris & Amelia

Quand vous consommez de la drogue sur une base quotidienne pendant quatre ans, la dépendance devient une partie de vous, elle s’inscrit dans votre corps, c’est comme l’odeur de la clope qui colle à vos vêtements et infeste votre haleine, elle devient un trait de votre personnalité, elle est dans vos gènes. Peu importe votre volonté, les médicaments, les cures de désintox et les groupes de paroles, ça fera toujours partie de vous, comme une odeur qui ne vous quitte jamais. Le manque est comme la présence invisible assisse à côté de vous, votre ombre, elle vous suit partout, et plus vous combattez, plus la présence grandi, elle devient plus forte, plus forte que vous, vous ne sentez plus que son parfum, vous ne voyez plus qu’elle, la dépendance comme le manque finissent par vous avaler, vous détruire, vous transformer en ombre, ils vous laissent creux et seul, et il ne reste plus rien de vous.

Quelques jours auparavant :

Mercredi, c’était le jour du groupe de soutien au Memorial Hospital, Amelia s’y rendait toutes les semaines. Elle pensait qu’en quittant Seattle elle commencerait à se sentir mieux, mais elle avait vécu difficilement le changement de ville. Elle avait perdu tous ses repères, elle n’avait aucun ami,  mais elle ne pouvait pas rester dans la ville où tout s’était passé, elle avait besoin de mettre le plus de distance possible entre le souvenir de ces quatre années et elle. Elle avait été chaleureusement accueilli au foyer et dans le groupe de soutien, elle avait mis plusieurs semaines avant de réussir à pousser la porte de la salle de réunion, elle ne connaissait pas ces gens, elle ne leur faisait pas confiance, mais même si elle n’y parlait pas, la réunion était quelque chose de rassurant, qui lui donnait l’impression qu’elle faisait les bonnes choses pour s’aider à aller mieux. Est-ce qu’elle y croyait ? Non, mais elle se forçait. Si elle ne faisait pas l’effort de pousser cette porte toutes les semaines, elle pouvait bien dormir sur les rails. Elle était foutu, tout était foutu dans sa vie, et elle devait faire de bonnes choses pour améliorer ça, comme aller à la réunion, c’était le mieux qu’elle était capable de gérer pour l’instant. Elle avait peur, elle avait peur de ne pas pouvoir réparer sa vie, de ne pas pouvoir être mieux, elle avait peur des endroits sombres, peur du précipice et de la chute, elle avait peur de se retrouver dans la rue, peur d’être encore une chose, elle avait peur de ne pas être capable d’être autre chose, peur de se détester tellement qu’elle pourrait se laisser utiliser, peur de finir par se tuer.

Amelia, est-ce que vous voulez partagez quelque chose avec le groupe ?




La rousse regardait ses mains qui s’emmêlaient nerveusement sur ses genoux, la pâleur des longs doigts fins tranchait avec le jean noir qu’elle portait, elle secoua la tête, elle n’avait pas envie de parler aujourd’hui, elle avait l’impression que si elle essayait de parler soit elle se mettrait à pleurer soit elle hurlerait. Elle avait envie de crier, d’arracher son cœur de sa poitrine, sortir ce qu’il y avait dans son crâne, arrêter de sentir, arrêter de penser, en même temps elle se renfermait, se complaisait dans le désespoir et la douleur, elle était rongée par la haine, par la colère et par la peur, elle se détestait, et elle avait honte d’elle-même. Elle ne voulait pas laisser voir ses blessures, elle ne voulait pas montrer ses faiblesses, elle ne voulait pas être vulnérable, laisser ces gens voir ce qu’elle était, elle ne voulait pas leur imposer de voir à quel point elle était pathétique, à quel point elle avait mal. On est ce qu’on fait. Elle méritait ses blessures. Elle ferma les yeux, enfonçant ses ongles dans sa cuisse, quelqu’un d’autre parla à côté, elle laissa le flot des mots couler en elle, cherchant à s’oublier, à sortir d’elle-même. Elle quitta précipitamment la salle à la fin de la réunion.

7576 Walton Street, soirée :

Il n’y avait pas de jours plus faciles et d’autres plus durs, tous les jours étaient difficiles, toujours plus durs que la veille, elle traversait les jours, le temps passait à travers elle, comme si elle était invisible, comme si elle n’existait pas. Ce n’était pas vrai, elle se sentait vivre, elle sentait la douleur. Le temps ne résolvait rien, elle ne guérissait pas, ses sentiments continuaient de lui faire mal, ses pensées de la blesser, son corps de la dégoûter, et l’ombre grandissait en elle, elle la sentait, continuellement, comme une présence dans son dos. Une odeur, un besoin, qui collait à sa peau, la nuit quand elle ne pouvait pas dormir, hantée par les fantômes de sa mémoire, qu’elle tournait encore et encore, elle sentait ses blessures se rouvrirent, elle se sentait déchirer, elle grattait sa peau, pour gratter la mémoire, de la puanteur, de la saleté. Elle ne pouvait pas supporter certains jours de se voir dans le miroir, elle avait envie de tuer son reflet, elle ne brisait jamais le verre, au fond ce n’était pas le miroir, ce n’était pas le reflet qu’elle détestait. Elle ne supportait pas son corps, elle grattait la peau, dans l’espoir que si elle grattait assez d’elle-même, elle finirait par disparaître.

Il faisait nuit dehors, les rideaux étaient tirés à l’intérieur de la chambre, elle était plongée dans l’obscurité, Amy était assise sur le lit, recroquevillée dans l’angle, ses bras serrés autour de ses genoux remontés sur sa poitrine, sa tête reposait sur ses bras. Elle tremblait, elle n’arrêtait pas de trembler, elle se sentait glacée, les ongles de sa main gauche étaient plantés dans son avant-bras, sa main droite était serrée dans un poing. Elle poussa un gémissement douloureux puis un soupir pénible, levant les yeux elle ouvrit la main, elle regarda les petits cachets qui avaient vaguement des formes de fleurs dans sa paume. Elle porta sa main à sa bouche et avala les pilules, un mélange de barbituriques et d’héroïne. Ses yeux étaient injectés de sang, des larmes creusaient des sillons sur ses joues, les taches sombres sous les yeux contrastaient avec la blancheur de sa peau translucide, elle semblait si pâle, qu’elle pouvait s’effacer, si fragile, qu’elle était entrain de se briser.

Rapidement la drogue se mit à faire effet, elle se sentait engourdie et molle. Elle n’arrêtait pas de pleurer et de trembler, pourquoi elle ne pouvait pas arrêter de trembler ? Elle gémit à nouveau, sa tête était lourde, tout son corps avait l’air d’avoir été lesté avec du plomb. Ses yeux volèrent dans la pièce, elle voyait le relief de la chambre sommaire dans l’ombre, les murs étaient bizarres, ils tanguaient. Elle ferma les yeux, sa tête tomba en avant, elle déplia les jambes et se laissa tomber sur le côté du lit. Elle se hissa jusqu’au rebord, elle fit basculer ses jambes par-dessus le lit mais au moment où ses pieds allaient frapper le sol elle ouvrit les yeux sur le vide. Une plaie béante saignait sa chambre. Elle hurla, elle avait l’impression de tomber, elle tombait à travers le sol de sa chambre, elle criait, elle se débattit. Son corps avait frappé le sol dans un bruit dur.

Il y eut des coups rapides à la porte, puis des voix angoissées appelèrent son nom. Finalement on entra dans la chambre, quelqu’un alluma la lumière et une femme se précipita sur la forme recroquevillée sur le sol. Deux autres femmes se tenaient dans l’embrasure, l’une d’elle avait sortie son portable pour appeler les secours, l’autre avait couru à la cuisine chercher de l’eau et une serviette. Les tremblements de la jeune femme s’intensifièrent quand elle remarqua les présences dans la pièce, elle se débattit quand la femme voulut la toucher. En reculant elle se cogna la tête contre la table de chevet. Olivia s’immobilisa, elle s’assit sur ses genoux en face de la jeune femme.  Elle appela plusieurs fois son nom mais elle ne répondit pas, elle lui demanda si elle savait où elle était et avec qui, mais la jeune femme ne semblait pas les reconnaître. Elle était terrifiée. Elle lui parla doucement, cherchant à la réveiller de sa terreur. Peu à peu elle sembla se calmer et pendant un moment Olivia crut qu’elle avait réussi à la rassurer, mais sa respiration ralentie et devint difficile, elle essaya de l’appeler, de la toucher, mais Amelia ne répondait plus et elle arrivait à peine à bouger quand elle posait sa main sur son bras.

Amelia ? Est-ce que tu as pris quelque chose ? Essaye de ne pas t’endormir !




Elle se retourna et vit que la deuxième fille avait déjà le téléphone sur son oreille, elle parlait rapidement avec les secours, elle se retourna vers Amelia, elle attrapa un oreiller qu’elle glissa sous sa tête. Ses yeux volèrent ouverts, ses lèvres bougèrent, comme si elle voulait parler, mais aucun mot ne sorti, elle gémit doucement à la place. Elle lui demanda de répéter plus fort, finalement elle entendit les mots qu’Amelia essayait d’articuler :

Je suis désolée…



Elle entendait en fond la conversation de la fille avec les secours.

Je pense qu’elle a pris quelque chose, dis leur qu’elle est dépressive et que c’est une ancienne toxico. Amelia ? Dis-moi ce que tu as pris, si te plaît...



Demanda-t-elle en se retournant vers la jeune femme qui était maintenant recroquevillée sur le sol. Amelia réussit à articuler barbiturique et héroïne, la fille répéta au téléphone. Elle finit par raccrocher, elle s’approcha, marchant à travers la chambre pour s’asseoir sur le lit. Elle expliqua à Olivia que les secours arrivaient et qu’ils avaient dit qu’il fallait s’assurer qu’Amelia continue de respirer.

DEV NERD GIRL

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