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 Light a match, stand back, watch them explode.

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Livia I. Preston
CHICAGOANS
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Date d'inscription : 07/04/2016
Job : Ancien agent sous couverture reconverti en fleuriste.
Côté coeur : Évitons d'en parler, merci.
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MessageSujet: Light a match, stand back, watch them explode.   Sam 23 Avr - 9:05





Livia & Ethan
Light a match, stand back, watch them explode

Une cagette de petits pots garnis de fleurs de cire calée contre la hanche, Livia replaça nerveusement une mèche de cheveux fourbe derrière son oreille. Tout le monde autour d’elle courait dans tous les sens, criant des « il manque quatre fourchettes à poisson en argent sur la table quatre ! » par ci, et des « Ça fait trois quarts d’heure que j’essaie de joindre le livreur, il ne répond toujours pas ! » par là. Dans trois heures, le dîner de mariage pour lequel Livia était chargée de la décoration florale allait commencer et rien n’était prêt. Silencieuse, elle exécutait toutes les tâches qui lui étaient confiées, espérant que son travail réjouirait les deux mariés et leurs familles. Elle planchait sur ce projet depuis des semaines, prenant en compte autant que possible les exigences de ses clients pour leur offrir ce petit détail décoratif qui faisait parfois toute la différence. Circulant adroitement au milieu de la foule agitée, la jeune femme se dirigea vers les tables afin d’y déposer ses minuscules vases improvisés. Tout allait se dérouler à l’extérieur, dans le grand et très beau jardin d’un vaste domaine loué par les mariés.

Enfin, Livia posa le dernier pot à la place qui lui était destinée. Soufflant un bon coup, elle recula de quelques pas pour contempler son œuvre. Hormis la décoration de table, il y avait de grandes grappes de glycine accrochées à l’immense pergola ainsi que d’autres plantes décoratives çà et là. Une odeur divine flottait dans l’air et la fleuriste pouvait enfin se détendre. Son travail était terminé pour aujourd’hui. Il ne lui restait plus qu’à ramasser ses outils et tout son petit bazar, saluer le frère de la mariée qui était là pour superviser l’avancée de la préparation, et retourner à la boutique pour tout ranger. Elle avait hâte de rentrer à la maison ou de retrouver son magasin tranquille, loin de ces gens stressants qu’elle ne connaissait pas. Il fallait aussi qu’elle récupère Hope, qu’elle avait confiée à Ethan pour la journée, puisque l’emmener avec elle n’aurait pas plus aux clients. La chienne détestant être seule, il avait bien fallu que Livia l’emmène chez quelqu’un, et même si le quelqu’un en question avait émis maintes protestations à l’encontre de cette idée, la jeune femme lui avait plaqué un baiser sur la joue avant de s’éclipser en vitesse, tout en retenant un sourire malicieux que de toute façon, il n’aurait pas vu.

La rouquine amorça un geste pour ramasser ses cagettes qui traînaient non loin, lorsque la sonnerie de son téléphone retentit. Elle choisit d’ignorer l’appel sans même regarder qui était le correspondant, décidée à boucler sa journée rapidement. La sonnerie se tut… pour reprendre une seconde plus tard. Sourcils froncés, Livia sortit son cellulaire de la poche de son tablier. C’était les voisins d’Ethan. Depuis l’accident de celui-ci, elle avait fourni son numéro à ce couple de sexagénaires, en cas d’urgence. S’ils appelaient, c’était qu’il y avait un problème. En proie à une soudaine inquiétude, Livia décrocha et porta rapidement l’appareil à son oreille. « Madame Jensen ? » Sa voix trahissait son angoisse. « Mademoiselle Preston, bonsoir ! Je crois qu’il se passe quelque chose chez Ethan, nous avons entendu un chien japper et il n’arrête pas depuis. Nous avons frappé et personne ne nous a ouvert, et la porte est fermée à clé. J’ai peur qu’il lui soit arrivé quelque chose ! » La gorge de Livia se serra. Hope n’aboyait jamais pour rien, et quand on lui disait de cesser, elle s’exécutait toujours. Peut-être avait-il perdu connaissance, pour une raison ou pour une autre ? « J’arrive. » fut tout ce qu’elle put dire.

Le pied de la jeune femme écrasait l’accélérateur sans ménagement depuis une bonne dizaine de minutes déjà. Elle tentait une fois de plus de joindre Ethan sur son portable, et chaque fois qu’elle tombait sur la voix robotique de sa messagerie, elle jurait dans toutes les langues qu’elle connaissait. « Bordel Ethan, si t’es toujours en vie, je te tue. » siffla-t-elle entre ses dents. On lui avait appris à ne pas paniquer dans des situations comme celles-ci, mais étrangement cette fois-ci, c’était trop difficile.
Enfin, elle arriva au pied de l’immeuble de son ami, et leva les yeux vers les vitres de son appartement tout en bondissant hors de sa voiture. Il n’y avait rien d’anormal vu de l’extérieur… Se mordant la lèvre jusqu’au sang, la jeune femme se rua à l’intérieur, montant les marches quatre à quatre. Arrivée au dernier étage, essoufflée par sa course, elle s’empressa d’aller frapper – que dis-je, tambouriner – à la porte de l’appartement d’Ethan en hurlant son nom. Aucune réponse, si ce n’était les aboiements de Hope, angoissés, qui ne s’arrêtaient pas. « Hope ! » cria Livia, le cœur battant à tout rompre. Les jappements s’amplifièrent et semblèrent se rapprocher, faisant monter d’un cran la pression. La porte de l’appartement des Jensen s’ouvrit sur le couple, visiblement aussi inquiet qu’elle. Mais une odeur étrange alarma davantage la Française. Baissant les yeux sur la porte, Livia remarqua en même temps que monsieur et madame Jensen une fumée noirâtre sortir par en dessous. Le feu ? La voisine s’écria quelque chose que Livia n’entendit pas. Elle n’entendait plus rien que sang battant contre ses tempes alors que les pires scénarios se déroulaient dans sa tête. Sans réfléchir, elle se jeta contre la porte, y heurtant son épaule de toutes ses forces. Celle-ci gémit mais ne céda pas. Elle était solide. Inspirant un grand coup, Livia recula d’un pas pour mieux envoyer son pied au niveau du verrou, qui était logiquement le point faible. Dans un grand fracas, la porte s’ouvrit et un brouillard gris et nauséabond accueillit la rouquine.

Maintenant, elle pouvait évaluer la situation. Ce n’était pas un enfer de sang et de flammes qui régnait dans le loft d’Ethan, mais ça sentait bel et bien le brûlé. Hope se rua vers elle sans cesser de japper, mais Livia n’y fit pas attention, trouvant sans difficulté la source de toute cette fumée. Le poêle à bois. Ethan se tenait devant, à jeter frénétiquement des morceaux de papier de toutes sortes dans les flammes ardentes, avec une énergie presque effrayante. Livia bondit à travers la pièce, attrapant ses deux bras avec force pour le forcer à reculer. « Ethan, mais qu’est-ce qui te prend, bordel ? » Lorsqu’il fut à bonne distance, Livia s’empressa de fermer la porte du poêle ainsi que les écoutilles pour ne pas trop donner d’air au feu, avant de courir ouvrir les fenêtres. Déjà rassurée par l’état du jeune homme et de Hope, la rouquine pouvait souffler, mais des tremblements secouaient toujours son corps, causés par l’adrénaline qui retombait doucement. « T’es malade ? Tu comptais t’asphyxier ou quoi ? Pourquoi tu ne répondais pas ? Qu’est-ce que tu faisais ? » La colère et l’incompréhension s’emparaient maintenant de la jeune femme, même si elle était sûre qu’au final, Ethan allait lui donner une explication valable, et qu’il ne servait à rien qu’elle s’énerve. Mais c’était plus fort qu’elle, il fallait qu’elle évacue.

Elle posa les yeux sur le reste des documents qui jonchaient le sol et que leur propriétaire voulait sans aucun doute brûler aussi. Livia se pencha pour ramasser quelques feuilles, dont une grande sur laquelle était dessiné un plan. Sur les autres, il y avait des relevés et des notes, couchés sur le papier dans une écriture sophistiquée qui ne pouvait qu’appartenir à Ethan. Très vite, Livia comprit. C’était tous les documents qu’il avait écrits alors qu’il était encore architecte. Avant son accident, avant qu’il ne perde tout. « Oh, Ethan… » murmura-t-elle doucement en relevant les yeux vers lui. La colère s’évanouit, et Livia regretta immédiatement ses paroles précédentes. Elle s’approcha doucement de lui. Hope s’était tue et était sagement assise auprès de sa maîtresse. « C’est pas le meilleur endroit pour un autodafé… » ajouta la jeune femme avec un sourire triste, les yeux baissés sur les documents. Des livres aussi gisaient au sol, et elle craignait d’être arrivée trop tard pour sauver ceux qui étaient présentement en train de se consumer dans le poêle. La française se baissa de nouveau pour rassembler les divers amas de papiers qu’il restait par terre, tout en retenant un soupir. Ethan lui avait flanqué la peur de sa vie. Et maintenant, elle se sentait un peu ridicule d’avoir paniqué comme ça. Après avoir posé le tout sur la table basse, Livia se laissa tomber sur le canapé. « Je crois que j’ai besoin d’un verre. »

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MessageSujet: Re: Light a match, stand back, watch them explode.   Lun 25 Avr - 22:02



LIGHT A MATCH, STAND BACK,

WATCH THEM EXPLODE.


« Hope ! Descend de là ! Viens ici ! »

Tu pouvais toujours causer mon vieux, cette boule de poil ne viendra pas. Je le savais que je mettais fais arnaquer en laissant sa propriétaire me la confier, c'était couru d'avance. Elle sera sage qu'elle disait. Elle fera pas de bêtises. Mais encore.

« Hope au pied ! »

J'attendis un silence, dans l'espoir d'entendre des griffes heurter précipitamment le bois de l'escalier. Mais rien, seulement une agitation se faire au niveau de ma mezzanine.

« Hope me force pas à monter te chercher ! » C'était quoi le mot magique déjà ? « Gâteau ? » Niveau silence, l'agitation semblait s'être légèrement calmée, avais je capté son attention ? Probable, mais rien de plus, le chien reprit rapidement son exploration. Un soupir m'échappa alors que je restai en bas de l'escalier, une main me maintenant contre le mur adjacent. Je me pinçai l'arête du nez avant de me gratter l'arrière de la tête, clairement retentissant à l'idée de rejoindre ma camarade du jour à l'étage. Mais pas le choix nan ? Si cela me dérangeait tant c'était particulièrement à cause de l'absence de rembarres à l'escalier et celles peu conformes aux normes qui délimitaient le sol du vide. La main frôlant toujours le mur, je grimpai donc vers ce qui était mon bureau, laissé tel quel depuis l'accident je crois, à part sur ma mère avait mit son nez dedans sans me le dire. Aucune idée.

Les marches franchis, il fallait maintenant sortir le chien de ses affaires. Ce qui était simple devint bien trop rapidement un véritable challenge qui m'agaça, donnant un ton plus dur à ma voix. « Hope ! » Je finis par me détacher du mur pour m'aventurer vers l'espace qu'offrait l’aménagement, dans quelques pas, ma main devait trouver pas table d'archi'. Tâtonnant, ma main se posa bel et bien contre le bois vernit où reposait bon nombre de documents prenant désormais la poussière depuis plusieurs mois. Mes doigts commencèrent à effleurer l'amas de papier, croisant bouts de gommes et crayons, terminant sa course sur le froid de la règle en métal. Un nouveau soupir m'échappa. De quel plan s'agissait-il ? Je n'en avais plus la moindre idée, pourtant il était là, juste sous mes doigts mais invisible et loin de mes souvenirs. Je commençai à fermer le poing en tentant de me souvenir, mais rien. Pourtant je me rappelai avoir été là, assit sur cette maudite chaise qui me brisait le dos après deux heures du matin, quand cette règle trop fine n'arrêtait pas de confondre entre les différentes feuilles de papier, et que j'oubliais toujours de vider cette corbeille se remplissant trop vite. Mais je n'arrivai pas à mettre une forme sur ces plans. Je restai plusieurs minutes immobile, la poigne se resserrant sous cette frustration grandissante. Puis arriva le point de rupture. Ces semaines de travail volèrent brusquement au dessus de la balustrade, donnant l'amorce d'une sacrée rage. Sous le regard inquiet d'Hope, je commençai à tout envoyer valser, à tout dégager et déchirer. Si je ne pouvais plus comprendre mon propre labeur alors cela deviendra le cas de toute autre. La timidité des gestes avait disparu, laissant place à un défoulement qui s'attaquait désormais aux nombreuses bibliothèques, les vidant une par une, faisant atterrir plusieurs livres, magazines et partitions à l'étage inférieur. Plusieurs étagères passées, ma frénésie commença à diminuer. Essoufflé, je desserrai mon nœud de cravate, déambulant les escaliers, ratant d'ailleurs l'une des dernières marches pour me ramasser violemment sur le parquet. Hope ne tarda pas à me rejoindre en entendant mon cri de rage et non de douleur. Elle fit plusieurs tours autour de moi avant de se coucher, sa gueule non loin de mon visage vu l'odeur qui m'agressa rapidement les narines. Une puanteur qui me fit me retourner sur le dos afin de l'éviter. Cette chute calma mes nerfs du certaine manière. La frustration était devenue rage. Et la rage était devenu une profonde lassitude.

Je finis par me relever, accordant une caresse à Hope lorsqu'elle frôla l'une de mes jambes. Marchant sur le bazar que je venais de créer, je rejoignis le poêle à bras qui se trouvait de l'autre coté du salon, le préparant méthodiquement jusqu'au craquage de l'allumette. Le feu ne prit pas longtemps pour crépiter. Si cet élément me semblait bien moins envoûtant qu'auparavant, il restait particulièrement agréable, son bruit et sa chaleur suffisaient à me faire imaginer sa danse.

Mais cette pause resta de courte durée, le cercle vicieux reprenant dans le sens inverse de sa boucle. La rage était grandissante au même rythme que les flammes alimentées par cet amas de papiers, qu'ils soient des plans, libres, brochures ou partitions. Je m'en fichais, tout allait cramer. Peu importe le temps consacré, la valeur qu'ils avaient, ils n'étaient que les preuves de souvenirs bloqués, des tentations impossibles. Une immense frustration. Ce cercle allait me rendre fou. Des aboiements donnèrent un élan d'hésitation à mes gestes, un moment de doute. Elle pouvait japper, il me suffisait de l'ignorer, il m'était facile de ne pas la voir alors de l'entendre ?

Je ne comptais pas les minutes ni même le nombre de documents consommés, continuant mécaniquement ma folie de pyromane. L'odeur de fumé finit par me bloquer tout autre distinction possible. Les flammes elles, avaient rongé certains bouts de mes doigts après après avoir mal estimé ma distance entre le feu et ma poignée de papier. Il était possible que certains bouts de papiers enflammés soient retombés non dans le poêle mais plutôt sur le sol de mon appartement. Si je risquais de mettre le feu à l'immeuble ? Peut être. Mais ce danger semblait si éloigner, je ne le calculais pas, comme je ne me rendais pas compte que ma toux s'amplifiait au fil de minutes. Je jouais littéralement avec le feu, je me brûlais et pourtant je continuais. Cette transe semblait dès lors bien plus réelle que dans mes souvenirs. J'aurais pu continuer sur cette lancée jusqu'à ne plus rien avoir à brûler, jusqu'à m'asphyxier.

Malgré mes sens noyés, je cru entendre un fracas hors de ma bulle, mais là encore ce doute prit autant de temps à apparaître qu'à disparaître. Il ne me déconcentra pas de mon activité. Mais ce bruit n'était pas le fruit de mon imagination, ces mains sur mes bras en étaient la preuve. Ce touché éclata la bulle, me réveillant dans un sursaut. Mon cœur rata un battement tandis qu'un frisson me parcourrait l'échine. Figé je pris quelques secondes à comprendre d'où venait ce corps étranger. La voix de Livia me rassura, ce n'était qu'elle. Ses premiers mots étaient incompréhensibles, mais son timbre révélait son identité autant que sa colère. Je gardais ma feuille dans ma poigne serrée, désorienté, je n'avais pas idée d'où ce qu'elle était désormais. A ma droite ? Je fronçais les sourcils, ne lui répondant pas, suivant ses bruits de talons à travers la pièce. Elle me questionna rapidement, me faisant prendre conscience de ce que je faisais justement. J'étais pris sur le fait, comme un gosse qu'on surprend dans sa bêtise. Elle n'avait pas brisé ce maudit cercle, elle avait juste permit à la lassitude de revenir. Son ton changea, prenant celui que je détestais, celui de la pitié. Je me retenais de l'envoyer balader, j'aurais pu si sa remarque n'avait pas réussi à m'arracher un sourire. Le calme était revenu. Après l'audition ce fut l'odorat, une bouffé d'air frais me fit profondément inspirer, détendant mes muscles par la même occasion. Mes doigts crispés s'ouvrir, laissant ce qui pouvait être une partition ou une brochure s'échapper dans sort de flammes.

« Je crois que j’ai besoin d’un verre. »

D'un petit hochement de tête, je rejoignis l'autre coté du bar, frôlant les meubles des doigts jusqu'à rejoindre le frigo. Le contact frais des bières fut ce qui réveilla mon touché, me faisant réaliser mes quelques brûlures, légères d'après la douleur. Je rejoignis néanmoins l'évier avant d'apporter les bières, passant mes mains sous l'eau froide. Droite ou gauche le coté bleu ? C'est bien le truc que j'oublie toujours… Mon choix se fit sur hasard chanceux.

« Ethan ? Est-ce que tout va bien ? Nous nous sommes inquiétez. Dieu soit loué, Mademoiselle Preston avait son téléphone sur elle. »

« Madame Jensen. Je suis désolé, tout va bien, vous pouvez rentrer chez vous. »

« Ethan mon garçon je vous ais déjà dis de m'appeler par mon prénom. Je vais appeler un réparateur pour votre porte, pas question que vous passiez la nuit avec un verrou brisé. Surtout dans votre condition. Mademoiselle Preston, un grand merci. »

« Merci Martha. Bonne soirée. »

Elle s'en alla en rouspétant sur son mari tandis que je rejoignais "Mademoiselle Preston" dans le salon, me posant sur le fauteuil apposé au canapé, tendant les deux bières non décapsulées d'une main en avant. Retirant mes lunettes de l'autre, sans réaliser que l'un des verres était brisé suite à ma chute de tout à l'heure.
Hormis les pattes d'Hope grattant contre les lattes de bois, un silence s'installa, silence que je coupais en questionnant bêtement.

« T'as défoncé ma porte d'entrée ? »

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Livia I. Preston
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MessageSujet: Re: Light a match, stand back, watch them explode.   Mer 11 Mai - 22:20





Livia & Ethan
Light a match, stand back, watch them explode

Livia observa Ethan se mouvoir, l’arrête du nez pincée entre son pouce et son index. Il n’avait pas prononcé un seul mot depuis qu’elle était arrivée, et ça valait sans doute mieux. Hope posa sa tête blanche sur le genou de sa maîtresse, la fixant de ses yeux bleus. La rouquine gratouilla le museau de la chienne, murmurant entre ses dents. « T’aurais dû le mordre. » La fumée continuait de s’échapper par les fenêtres grandes ouvertes, et Livia espéra un instant que ça n’alerterait personne. Un mouvement dans son champ de vision lui fit tourner la tête vers l’entrée. Ah oui, la voisine ; elle l’avait presque oubliée avec tout ça. L’affaire fut vite réglée avec Ethan, et Livia remercia madame Jensen d’un signe de tête accompagné d’un geste de la main pour la saluer. Le pyromane la rejoignit bien vite une fois la voisine partie, et tendit deux bières dans sa direction – des bières, pfff… Il allait lui en falloir quelques-unes pour qu’elle se remette de ses émotions. Elle s’en empara, notant au passage l’air ridicule qu’il avait avec un verre toujours en place et l’autre bien amoché. Il n’avait pas l’air de l’avoir remarqué, mais elle garda le silence à ce sujet. Elle déciderait plus tard, si il restait sage jusqu’à la fin de sa visite, de le lui dire ou non. Sa main droite sortit un briquet de sa poche (chose dont elle ne se séparait jamais, bien que non-fumeuse), dont elle se servit pour décapsuler les bouteilles. Elle avait également remarqué les marques rouges sur les doigts d’Ethan, qui allaient bientôt devenir de vilaines cloques. « Tiens. » La Française tendit une des bouteilles vers Ethan et attendit qu’il tende la main à son tour pour l’attraper. « T'as défoncé ma porte d'entrée ? » demanda-t-il simplement, coupant court au silence qui venait de s’installer. Livia ne répondit pas tout de suite, buvant une gorgée de sa bière, le goût amer et les bulles rafraîchissant son palais, chassant l’odeur entêtante de brûlé qui collait à ses bronches et sa bouche. « J’était bien obligée. » Finit-elle par lâcher. « Si tu avais ne serait-ce que laissé ouvert ou répondu à nos appels… » Elle ne termina pas sa phrase, préférant ne pas partir sur une dispute, ni l’engueuler comme un enfant de dix ans. « Elle est juste enfoncée à hauteur d’épaule... et le verrou est à changer. Elle s’en remettra. Juré. T’as pas de la pommade pour les brûlures, ou quelque chose comme ça ? » Livia se leva sans attendre de réponse et posa sa bière sur la table basse, se dirigeant vers la salle de bains pour y trouver l’armoire à pharmacie. Elle connaissait le studio comme sa poche, depuis le temps qu’elle l’arpentait. C'est ça le deal, quand on accepte de laisser quelqu'un aider chez soi lorsqu'il nous arrive quelque chose. Elle ne s’attarda néanmoins sur aucun détail, histoire de respecter l’intimité d’Ethan, cherchant juste quelque chose qui ressemblait à un tube de pommade. Elle voulait surtout éviter de s’aventurer sur le terrain glissant sur lequel Ethan venait de les amener. Parce qu’en général, quand les gens apprenaient qu’avec son mètre soixante, sa frimousse et sa passion pour les fleurs, elle pouvait mettre une armoire à glace par terre, abattre quelqu’un à bout portant ou défoncer une porte, on lui demandait comment elle pouvait faire tout ça. Et si elle venait à le raconter, on lui demandait alors quelle était l’origine de sa reconversion, et c’est là que ça bloquait. C’était une histoire qui pouvait sembler ridicule aux yeux de beaucoup de monde. Pourtant, ça lui retournait l’estomac à chaque fois que les traits de son visage revenait sournoisement dans son esprit.

Livia referma l’armoire à pharmacie, un tube dans les mains. Son regard croisa son reflet dans le miroir, et elle souffla. Merde, c’était Ethan après tout. Il lui avait confié pas mal de choses, ils avaient passé pas mal de temps ensemble. Il ne lui rirait peut-être pas au nez. Si toutefois elle crachait le morceau. Ou alors, elle mentirait... Non, n’importe quoi, lui mentir à lui, et puis quoi encore ? « J’étais dans les forces spéciales, avant. Du genre agent secret. » commença-t-elle, fixant son propre reflet comme si elle se parlait à elle-même, mais suffisamment fort pour qu’Ethan puisse l’entendre du salon. « J’ai commencé dans la police, puis j’ai passé quelques années à m’infiltrer dans des grandes organisations clandestines, ou des réseaux illégaux, pour les démanteler. C’était vraiment bien. » Elle baissa la tête, s’efforçant de maîtriser sa voix pour ne pas laisser deviner le regret qui l’habitait. Tournant les talons, Livia prit le chemin du salon, reprenant la parole. « Donc, j’ai appris à défoncer des portes, entre autres. Pas à les réparer, malheureusement. Un défaut dans l’entraînement de nos forces de l’ordre. » continua-t-elle dans un sourire, avant de s’asseoir sur la table basse tout près d’Ethan, attrapant délicatement le poignet de sa main libre pour y déposer le tube de crème. « C’est périmé depuis trois mois, mais bon… ça ne devrait pas faire tomber tes doigts non plus. »

Un bruit de papier froissé attira l’attention de la rouquine. Hope venait d’avoir la bonne idée de se coucher sur des papiers que Livia n’avait pas vus au sol. « Pschhht ! » fit-elle en se levant. La chienne se releva bien vite en comprenant qu’elle avait fait une bêtise et sa maîtresse se pencha pour ramasser une fois de plus les documents qui jonchaient le sol, se faisant la réfléxion qu’elle ne les avait pas vus plus tôt. Mais ses yeux s’écarquillèrent lorsqu’elle vit de quoi il s’agissait. « Ethan Luke Mars… » (Utilisation du nom entier de la personne visée? Très mauvais signe.) Livia fit volte-face pour étaler l’amas de feuilles sur la table, son rythme cardiaque s’accéléra sous le choc de ce qu’elle découvrait. « … T’as failli mettre au feu des… Des partitions ! » fit-elle, faussement outrée. « Et tu as sûrement dû en faire brûler quelques-unes, paix à leur âme… Celle-ci n’est pas complète. » La jeune femme parlait plus bas que nécessaire ; elle était plus dans une réflexion personnelle que dans un réel dialogue, tandis qu’elle regroupait les diverses partitions qui formaient un même morceau. « Wouaw… Il y en a de très anciennes. Et précieuses. Tu m’avais caché ça. Tu te souviens où tu les as récupérées ? » Elle savait qu’Ethan avait un rapport assez intime avec la musique mais n’osait pas toujours en parler puisqu’il était en plein rabibochage avec cette discipline. Et son magnifique piano à queue prenait la poussière dans un coin de son studio lorsqu’il ne s’en servait pas. Des fourmis envahirent les doigts de la rouquine, trahissant la délicieuse tentation de jouer que lui procuraient ces partitions fraîchement dénichées. Le piano tenait une place très importante dans sa vie ; c’était la seule chose qu’elle avait en commun avec sa mère et qui lui donnait l’occasion de voir celle-ci sourire de ses prestations. Les seuls moments où Livia pouvait sentir que quelque part, sa mère pouvait ressentir ne fût-ce qu’une minuscle pointe de fierté pour elle.

La jeune femme releva la tête vers Ethan, soudain presque timide, comme une petite fille qui aurait peur de demander une faveur à un adulte. « Est-ce que tu m’autorises… ? » Elle ne parvint pas à terminer sa phrase, sachant qu’il comprendrait sa question muette, appréhendant surtout la réponse. Est-ce qu’entendre quelqu’un jouer, surtout elle, petite tornade ambulante et souvent agaçante, lui déplairait ?

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MessageSujet: Re: Light a match, stand back, watch them explode.   Dim 24 Juil - 18:25



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Elle me fit part de son excuse concernant le triste sort de ma porte, m'indiquant que j'étais le premier responsable. Une vérité qui me fit taire de toute autre réflexion à ce sujet. Je n'avais pas envie de me justifier ou de repenser à cette crise que je venais de faire. Heureusement elle eut le tact de ne pas insister, changeant de sujet par sa question. « Dans... » Elle était déjà debout, me coupant dans mon indication inutile. Je lui fis confiance, elle était grande, elle connaissait l'endroit maintenant presque mieux que moi, elle allait s'en sortir.

Je l'attendis en buvant quelques nouvelles gorgées de ma bière, repensant à ce qu'elle m'avait dit au sujet de la porte. Je ne faisais pas erreur en me rappelant que ce modèle n'était pas si fragile, je ne vivais pas dans un taudis et avec les certains biens en ma possession, le choix n'avait pas été fait tant à la légère. Mon interrogation silencieuse eut une réponse à la voix de Livia. Une explication semblant loufoque à la première écoute. Elle était trop loin pour que je sache si elle se moquait de moi ou non, mais par son ton, j'en doutais, rendant ses propos encoure plus surprenant. Je ne fis aucun commentaire, la laissant parler de son propre chef, ne sachant pas bien quoi en penser pour le moment. Elle n'était pas du genre à me mentir, et il n'y avait aucun intérêt à ce qu'elle me raconte des bobards de ce style. Mais les forces spéciales sérieusement ? On aurait dit le début d'un film d'action nanar…

Elle revint sans que je ne trouve les mots, la remerciant seulement au tube de crème dans ma main. Je commençais à étaler la crème sur le bout de mes doigts sans porter attention au bruit suspect d'Hope. De toute manière pour l'autorité que j'avais sur cette chienne, autant jouer l'aveugle jusqu'au bout. Je relevai la tête à l'ordre que fit Livia pour Hope. Choqué par son efficacité. Comme quoi cette boule de poil savait obéir. « Hope tu me le... » Je ne terminai pas ma phrase, coupé par la prononciation de mon nom dans son intégralité. Oula. Après le chien c'était mon tour ? J'avais fais une nouvelle bêtise moi aussi ? Elle fit je ne sais quoi, augmentant le suspens tandis que je continuai de m'occuper de mes doigts, faussement innocent. « … T’as failli mettre au feu des… Des partitions ! » Ah ça… « Et tu as sûrement dû en faire brûler quelques-unes, paix à leur âme… Celle-ci n’est pas complète. » Très probablement oui. Je soupirai en fermant le tube de crème et en le reposant sur la table basse pendant qu'elle terminai son inspection en me posant la question de leurs provenances. « Non. » Ma réponse avait été sèche. Si j'avais commencé à les brûler c'était justement car je n'arrivais pas à me souvenir d'elles, à quoi elles étaient rattachées, ou ce qu'elles pouvaient bien transmettre. J'hésitai à lui demander le nom de cette partition, mais n'en fit rien, usant une nouvelle fois de mon droit de silence dans cette histoire. Je finis par me pencher vers la table basse, non pas pour les partitions mais pour reprendre ma bière, que je trouvai après quelques tâtonnements.

Pendant qu'elle regardait les différentes notes -du moins je crois que c'est ce qu'elle faisait- je me souvins du discussion que nous avions eu à propos de sa mère, j'avais presque oublié que la musique avait joué un rôle important dans sa vie. Je ne me rappelais plus bien de la relation qu'avait Livia avec le piano, je ne l'avais jamais entendu joué, et ne savais pas s'il pouvait s'agir de regret ou de nostalgie. Mais là encore, mon questionnement silencieux eut une rapide réponse par sa demande qui me fit sourire. « Je n'oserai pas dire non à une ex-espionne. » Dis-je en plaisantant.

Je quittai mon fauteuil en la suivant d'un pas lent, la laissant prendre place tandis d'instinctivement je longeai le piano pour rejoindre la grande baie vitrée, y prenant appuie sans peur pour le vide. La bière toujours à la main, mon regard évita la direction qu'avait le piano malgré les premières notes résonnantes dans le studio. Mais si la première minute je n'avais fais qu'être immobile, arriva le moment où le frisson m'arracha un sourire. Elle se débrouillait, bien mieux que je ne l'aurais cru, surtout avec la partition sur laquelle elle était tombée. Une Danse Macabre pour piano et violon ♪♫. Je me mordais l’intérieur de la joue sous la tentation de l'accompagner. Après quelques nouvelles notes, un soupire m'échappa, je posai ma bière au sol et me redressai, longeant de nouveau le piano jusqu'à me trouver du coté du clavier, jusqu'à quitter se repère pour rejoindre le mur adjacent, à quatre pas de l'assise de la pianiste. Accroupis, je ne pris pas longtemps à dénicher l'étui recherché. C'est ainsi le violon à l'épaule que je fis doucement marche arrière, accordant rapidement ses cordes avant d'assumer mon rôle dans cette fichue partition.

© TITANIA
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