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 watch out - PV Elias

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Invité



MessageSujet: watch out - PV Elias   Mer 6 Avr - 19:53



watch out


« Par ici ! »
« Attends moi !! »

Des bruits de pas se rapprochaient rapidement, arrivant de ma gauche pour se stopper en même temps qu'un choc que je ressentis à mon pied gauche.

« Aaaah ! »

Bam.
Je fronçais les yeux en me penchant doucement en avant, restant assis sur mon banc. La voix était fluette et la force ressentit contre mon pied faible. Un enfant venait donc de tomber en me percutant.

« Ça va petit ? »

Il avait toujours été compliqué d'analyser l'état d'un enfant, ses pleurs et la gravité de la situation. En rapprochant mon pied vers mon assise je sentis les graviers s'accrocher à ma semelle. Le petit s'était sûrement éraflé les paumes ou les genoux.

« Comment vont tes mains ? »

Je n'avais pas de réponse, mais entendais toujours ses reniflements tandis qu'une agitation se rapprochait sur la droite. Je fouillai mes poches à la recherche d'un paquet de mouchoir, l’attrapant à travers mes clés et quelques pièces. Je sortis l'objet, le retournant trois fois entre mes mains pour trouver son ouverture.

« Elles sont sales. »

Il s'agissait d'une autre voix venant de la droite, toute aussi faible que l'enfant à terre.

« Tiens »

Je tendis maladroitement le paquet ouvert au petit, entendant ses baskets gratter les graviers pour se rapprocher et me prendre le paquet de la main. Il me remercia alors qu'une voit féminine bien plus assurée me fit me redresser. Elle commença à les réprimander avec ce ton mêlant une douce colère qui masquait la peur qu'avait eu cette mère.

« Désolé, je n'avais pas conscience de l'espace que prenait mes jambes, c'est ma faute. »

Elle se tut alors que je souriais légèrement, prenant sûrement conscience de mon handicap. Son silence traduisait autant son malaise que le mien.

« Je suis désolée monsieur, je n'avais pas vu. »
« Pas autant que moi. »

Elle ne répondit pas tout de suite. Quel idiot je faisais.

« Je suis désolée. Mathéo rend les mouchoirs au monsieur. »
« C'est moi qui le suis. »

Je tendis la main, paume vers le ciel, vers l'enfant de tout à l'heure, pensant qu'il n'avais pas trop bougé depuis l'arrivé de sa mère. Il déposa le paquet entre mes doigts alors que j'hochai doucement la tête en gage de remerciement tandis que le trio s'éloignait, emportant avec lui le parfum bon marché de la mère.

Un soupire m'échappa alors que je retirais mes lunettes de mon nez, tournant le regard vers la chaleur que le soleil offrait. Il faisait beau aujourd’hui, un beau temps tout aussi traduit par la chaleur que par les bruits environnants, j'avais prit place face au fleuve, profitant de la brise et du calme reposant des vagues, laissant bien loin derrière la cacophonie que donnait la ville en cet après midi. En fermant les yeux, cette obscurité devenait agréable, le noir laissant mes pensées se créer plus facilement, m'amusant à faire la liste des choses qui m'entourait. Le souffle des joggeurs piétinant la piste, l'odeur de chien mouillé qui passait non loin après avoir fait trempette dans le fleuve, les rires d'enfants sur la pelouse derrière moi puis une douce mélodie qui me fit pencher la tête en sa direction comme pour mieux l'entendre. Un violon répétant la sonate de Bach en mi mineur, suffisant à doucement me plonger dans les bras de Morphée.

Le réveil fut lui moins agréable, une sensation de froid commençait à influencer mes songes jusqu'à ce que la pluie ne m'en sorte. En à peine quelques secondes les quelques gouttes étaient devenues un rideaux de pluie agressif, me trempant et m'assourdissant par l'orage qui l'accompagnait. Le tonnerre avait tendance à me surprendre, il en avait toujours été ainsi,mais aucune raison de paniquer, il suffisait que je rentre. Je me redressai et tâtonnant de la main l'espace vide à ma droite, cherchant  ma canne que j'avais replié et posée à coté de moi. Mais ce qui devait être juste là ne l'était plus. Je fronçai les sourcils en me tournant vers la zone de recherche, elle était forcément là. Ma main trouva ma veste que j'avais déposée sous ma fameuse canne, en la soulevant rien ne tomba, me faisant m'interroger d'avantage. J'enfilai rapidement ma veste pour me protéger un tant soit peu de la pluie battante mais cette maudite canne resta hors d'atteinte. Je finis par me décaler du banc, m'accroupissant juste à coté, mon bras frôla l’accoudoir de droite puis glissa sur les planches humides jusqu'à celui de gauche mais n'heurta rien dans son passage. Elle devait être tombée. Je fis donc la même à partir des pieds, quitte à me salir j'avais besoin de cette canne, mais là encore ma recherche fut nulle. Gardant une main contre le banc, je fis le tour de celui ci en espérant heurter ce que je cherchais. Rien. Je pensais dans un premier temps que je devais tout simplement l'avoir manqué, mais au bout du troisième passage je senti mon rythme cardiaque s'accélérer sous l'effet de la panique. Cette blague, si c'en était une, était franchement mauvaise. L'angoisse se transforma en rage le temps d'un cri avant de redevenir de la peur. Le tonnerre gronda de plus belle en gage de réponse, ce qui me fit sourire d'ironie. Soit j'étais complètement aveugle… Enfin… Façon de parler. Soit on m'avait volé ma canne. Génial.

Je savais que je me trouvais dans un parc, de nuit vu le silence et chant différent des oiseaux et ça s'arrêtait là. A force de tourner autour de banc, je n'avais plus idée du Nord du Sud et de l'Ouest de l'Est. Déglutissant, je me souvenais que la berge n'était pas loin, étant déjà venu le ponton ne possédait pas toujours de délimitation, avant tout droit pourrait donc se traduire à un saut à l'eau. Je me mordis la lèvre et réfléchissant le plus rapidement possible, tentant de mon concentrer pour entendre ce qui pourrait être une circulation, mais la pluie rendait ma tentative vaine, je ne distinguais plus rien, et ma désorientation ne fut que plus grande. Désormais trempé jusqu'à l'os, je frissonnai, l'envie de passer ma nuit ici était faible.

Dans un instant de lucidité j'eus le réflexe de sortir mon portable. Nouvelle épreuve. La pluie n'aidait franchement pas à utiliser l'appareil déjà devenu compliqué à manipuler depuis ces derniers mois. En appuyant deux fois sur le bouton central j'espérais activer la commande vocale, ce qui fut le cas à mon soulagement. Collant l’appareil à ma bouche, je tentais d’énoncer ma volonté. Sans grand succès, l’intelligence artificielle n'en fit qu'à sa tête, je ne compris pas bien ce qu'il fit mais ce n'était en aucun cas un appel. Un rire nerveux m'échappa, de mieux en mieux. Finalement je quittai la commande vocale, appuyant une unique fois pour revenir au menu principal. Ok donc à partir de là, l’icône pour les appels devait être la première en bas à gauche. Je tapotai faiblement sur l'appareil, ressentant une vibration traduisant que ma commande venait bien d'être faite. De mémoire, je devais être tombé sur le profil du dernier appelé. Il suffisait à ce que je touche la partie supérieure du téléphone pour composer le numéro. Il vibra de nouveau. Je décalai le portable à mon oreille, de nouveau soulagé d'entendre une sonnerie. Réfléchissant rapidement, je tentai de me souvenir qui était ce dernier appel. A la troisième sonnerie le nom me revint. J'avais eu le Docteur Coyle ce matin même afin d'organiser nos derniers rendez vous, il m'avait appelé. J'entendis une voix qui me coupa hors de mes réflexions.

« Doctor Coyle ? C'est Ethan… Je suis désolé de vous déranger, mais vous aviez raison, il me faudrait un labrador. » Un léger rire m'échappa avant d'expirer  pour sortir ces mots qui étaient douloureux à admettre. « Plus sérieusement, hum, j 'ai besoin de votre aide. Je suis disons... bloqué. Sans assistance je ne pense pas pouvoir rentrer chez moi... »

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Elias A. Standford
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MessageSujet: Re: watch out - PV Elias   Mar 6 Sep - 4:47

watch out

it's getting dark, too dark to see

« Non Taylor, je n'ai pas reçu votre mandat... Si je vous dis que non. Je n'ai pas que votre enquête à superviser je vous rappelle, j'ai plus important qu'un trafic de drogue à gérer... Comme quoi ? Ahah... Vous lisez la presse en ce moment ? » Je poussais un soupir, posant mes lunettes plus violemment que je ne l'aurais voulu sur la table en face de moi, y posant mon coude pour me pincer l'arête du nez en fermant les yeux. « Les attaques terroristes sont prioritaires, vous le savez et j'ai le maire sur le dos. Vous avez une idée de la pression médiatique qui règne au palais de justice ? » Téléphone dans une main contre mon oreille je pris un ton mi-ironique, mi-énervé. « Si je manque une journée, on va m'accuser de pas prendre le sujet au sérieux et en deux semaines on me pousse à la démission... Non je n’exagère pas ! Vous vous rappelez comment ils ont enfoncé mon prédécesseur ? ... Voilà. Je vais faire mon possible pour votre mandat mais je ne promets rien... C'est gentil, bonne soirée capitaine... Merci. » Je raccrochai plus durement que je ne l’aurais cru puis posai mon portable devant moi avant de poser ma tête dans mes mains et de souffler. Disons que la dose de travail étant beaucoup plus fournie que d’habitude, la pression qui s’attachait avec pesait de tout son poids sur mes épaules. L’explosion du commissariat n’était pas un accident, on avait pu prouver ceci et cela ne faisait qu’ajouter une certaine tension dans la ville. Mon job était d’amener le responsable devant la justice et de le faire moisir dans une prison. Si j’en faisais une affaire personnelle ? Non. Le boulot m’avait bien appris une chose c’est de ne jamais s’inclure personnellement dans une affaire, sinon on risque de compromettre l’issue. Évidemment que je voulais faire payer l’homme qui avait envoyé mon époux à l’hôpital, qui avait faillis le faire tuer, mais je m’en tenais à une affaire comme une autre, du moins j’essayais. Une affaire de ce type n’était pas ignorée et les médias en faisaient bon marché. Ils assistaient à chaque instance publique, m’attendaient moi et les pions essentiels à la sortie du tribunal, espérant connaître les détails supplémentaires s’il y en avait. Les ignorer n’était pas la meilleure solution parfois et il ne fallait pas trop en dire non plus. Mais savoir qu’il y avait tant de gens derrière était un véritable poids. Savoir qu’ils attendaient l’issue. Parfois j’estimais chanceux de savoir que Jon devait rester à l’appartement, qu’il échappait à tout ça et que c’était moins risqué pour notre mariage de cette façon. Ils ne devaient pas savoir… Mais… Je devais alors m’occuper de mon époux, prendre soin de lui, suivre les consignes pour son rétablissement. Si à tout ça on ajoutait mon temps personnel qui y passait pour l’enquête… Oui, j’étais fatigué.

Je venais de passer la soirée sur une affaire et l’appel du capitaine m’avait donc forcé à regarder l’heure. Vingt et une heure dix. Je poussai un soupir, passant une main sur mon visage pour me détendre les traits, me convainquant de repousser ceci à plus tard. Je me levai donc, passant mon regard sur la ville illuminée en contrebas avant d’aller en cuisine pour me servir une limonade fraîche, rien de meilleur. Je restai donc là un moment, les deux mains appuyées sur le plan de travail, laissant mes pensées divaguer un moment. Un semblant de sursaut me prit quand le vibreur insistant du portable de Jon s’exécuta sur la table. « Chéri ? » Je reposai mon verre pour m’approcher et prendre le portable dans mes mains dans l’intention de le donner à Jonathan. « Tu as un appel. Un certain… Ethan. Un client je suppose. Pourquoi est-ce- » Mais au seuil de la porte de la chambre j’haussai un sourcil en remarquant que ma moitié était profondément endormie. Un sourire effleura mes lèvres et je fermai la porte, décidé à ne pas le déranger. Je fronçai néanmoins les sourcils en regardant le téléphone. Pourquoi est-ce qu’on l’appellerait à cette heure. Une urgence peut-être ? Non Elias, c’est dangereux de répondre, tu n’es pas Jon. « Allô ? » J’avais répondu, le portable collé à mon oreille, une fois de plus, écoutant ce qu’il avait à dire. C’était bien un client et dans la merde apparemment. Je pouvais lui dire que je n’étais pas le docteur, que je ne pouvais rien pour lui à cette heure, que moi aussi j’aimerais dormir, mais… Un regard vers la baie vitrée, vers la nuit noire et la pluie torride. Je poussai un long soupir, me pinçant une fois de plus l’arête du nez pour ne pas regretter ma décision. « Très bien… Dites-moi où vous vous trouvez, je passe vous chercher. »

Une fois que le fameux Ethan m’eut donné l’adresse je pris mon veston, les clés, les deux portables au cas où il rappellerait, laissant une note à Jon –sait-on jamais- puis sortit en fermant derrière moi. Montant dans ma voiture, parcourant les rues humides et presque désertes de Chicago, arrivant bien vite devant le parc après une dizaine de minutes. Je garai ma voiture, puis descendit en prenant un parapluie avant de m’engager dans la noirceur d’un parc en pleine nuit, ma main libre planquée dans ma veste. C’est que la pluie n’arrangeait pas la température. Finalement j’approchai ce qui semblait être ma nouvelle mission. Un homme prêt d’un banc, trempé de la tête aux pieds, des lunettes sur le nez. Oh, d’accord, je comprenais mieux. Il allait donc falloir la jouer en douceur. Je décidais donc de m’annoncer avec douceur pour ne pas qu’il croit qu’un inconnu venait l’enlever. « Ethan ? Ethan… Mars, c’est bien ça ? Bonsoir, je m’appelle Elias, c’est bien vous que j’ai eu au téléphone ? » Je souris dans le but de le conforter dans le fait que je n’étais pas dangereux mais… Ouais, ce n’était pas facile de communiquer avec un aveugle tout compte fait. Aussi retenais-je ma main qui avait voulu vouloir serrer la sienne. Malaise quand tu nous tiens. « Pardonnez-moi, vous ne deviez pas vous attendre à moi. Il se trouve que le docteur Coyle est en convalescence et ne peut actuellement pas se déplacer. C’est moi qui ai répondu au téléphone à vrai dire, il n’était pas… En état de répondre. » Je me rapprochai alors pour placer le parapluie au-dessus de lui également histoire de lui épargner au moins l’eau froide. J’étais un homme de la loi, je la faisais respecter. Mon boulot consistait à aider les gens, veillé à leur confort. Aussi cela ne me déplaisait pas tant d’aider les autres. « Comme je ne pouvais pas vous laisser ainsi j’ai jugé bon de venir moi-même. Désolé pour la surprise. » Encore une fois ce sourire sauvage sur mes lèvres. Ça ne sert à rien Elias… « Si vous le souhaitez toujours, je peux vous ramener chez vous, j’ai une voiture. » J’allais lui tendre mon bras mais encore ce soucis, je n’osais pour autant pas l’obliger à prendre mon bras. « Puis-je vous demander comment vous êtes resté bloqué ici ? » dis-je en plissant les yeux.

code par ms.palmer
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MessageSujet: Re: watch out - PV Elias   Sam 22 Oct - 19:56



watch out


La conversation s'était terminée après avoir essayé tant bien que mal de décrire l'endroit où je me situais. J'avais réussi à donner le nom du parc, et une zone approximative de ma position par rapport à celui ci. Après la tache ne devait pas être bien compliqué. Un mec trempé et immobile au milieu de nul ça ne courait pas les rues. Je n'avais plus qu'à attendre. Pivotant sur moi même, je me pinçai les lèvres, regrettant d'avoir retiré ma main du banc pour agrandir ma zone de recherche. Qui sait cette maudite canne avait peut être roulée ? Sauf que je ne l'avais pas trouvé, et que j'étais maintenant trop paumé et trop effrayé à l'idée de tomber dans le fleuve pour faire un pas de plus. Le fait d'avoir réussi à joindre quelqu'un avait réussi à limiter mon angoisse, tout n'était qu'une question de temps, l'idée de finir cette soirée dans mon lit et non sur des graviers me rassura. Puis cette sensation de soulagement disparue peu à peu, j'avais beau savoir que ce mauvais moment à passer n'allait pas s'éterniser, mon humeur ne s'arrangea pas au fil des minutes. Je croyais quoi ? Que mon sauveur allait se téléporter ? Bien sur que non. J'avais vraiment l'impression d'être de retour en enfance, dans la même situation qu'à mes sept ans, lorsque ma mère manquait l'heure de la sortie de l'école, me laissant poireauté deux heures devant la grille. Elle me disait toujours que ce temps perdu rattrapait toutes ces fois où elle ne me punissait pas pour mes bêtises. Quelle était la raison de la punition cette fois ci ? D'avoir manqué de vigilance une fois en conduisant ? J'en soupirai en tentant d’ignorer ce long frisson qui descendit jusqu’à mes mains glacées.

Les minutes suivantes parurent plus longues, plus froides. On dit que le temps est relatif. Asseyez-vous une heure près d'une jolie fille, cela passe comme un minute. Asseyez-vous une heure sur un poêle brûlant, cela passe comme une heure. Merci Einstein. Je n’eus néanmoins pas d’autres choix que de prendre mon mal en patience, je plaçai mes doigts froids dans les poches de mon jean en sachant bien que cela n’allait pas changer la température du coin puis laissa trembler ma jambe d’un mélange d’impatience et de nervosité.

Finalement une voix me fit sortir de mes réflexions et de mes auto-critiques. Je me tournai légèrement vers l’homme que j’avais à priori eu au téléphone un peu plus tôt. Ce n’était donc pas la voix malade du Dr. Coyle que j’avais eu mais une toute autre personne. Je fis un léger signe de tête tout en sortant mes mains de mes poches, préférant le laisser continuer avant de dire quoi que ce soit. J’avais beau lui être reconnaissant d’avoir fait le déplacement, il m’était impossible d’ignorer cette légèrement méfiance instinctive qui me prenait. Son explication me fit doucement froncer les sourcils, ma conversation du matin avec mon psy confirmait ces propos mais je n’arrivais pas à lui trouver une excuse pour avoir répondu à sa place à une telle heure. Qui était il ? Son colocataire ? Son frère ? Ces doutes en tête je ne me rendis pas compte qu’il s’était rapproché, la sensation de protection et le bruit de la pluie sur la toile me firent relever le menton vers le parapluie. Il fallait que j’arrête avec cette parano, ce mec ne sonnait pas comme un déséquilibré prêt à se jouer de la confiance d’un aveugle. Au contraire, si je ne voyais pas son visage, sa voix traduisait son aisance à l’oral, le genre de personne capable de parler à un public, parlant clairement sans forcer. Je ne saurais pas l’expliquer mais ce genre de chose s’entendait, ceci malgré la légère gêne du à la situation dans laquelle nous étions. Je décidai donc de mettre mes questions de coté et d’être coopératif, loin de là l’envie de rejeter son aide pour rester au milieu du parc. « Je comprends. Je… Merci d’être venu. » Petit sourire aux lèvres, je profitai de la présence du parapluie pour sortir un paquet de mouchoir de ma poche de veste, en prenant un pour m’éponger le visage, retirant mes lunettes de mon autre main. Cette pluie ne m’avait franchement pas épargné. J’essuyai le verre teinté de mes lunettes avant de les remettre sur mon nez, répondant en même temps. « Si cela ne vous dérange pas que je vous la trempe. » Je terminai de me frotter les mains contre le mouchoir sans me rendre compte des tremblements de froid qu’avaient celles ci. « Vous pouvez. Attendez juste que je sois sec pour en rire. Vous voyez le banc pas loin ? Je me suis endormi dessus, la pluie m’a réveillé, lorsque j’ai voulu me lever pour partir, j’ai constaté que je n’avais plus ma canne. Je pensais qu’elle avait du glisser, mais je ne la trouve pas, je pense que quelqu'un s’est amusé à me la prendre. » Probablement un pari ou quelqu'un d’assez ivre pour faire ce genre de truc. Il me confirma ma deuxième hypothèse en m’affirmant qu’il n’y avait pas de canne dans le coin. Il fallait croire que tout les citoyens de Chicagos n’était pas aussi bon samaritain que lui.

Un nouveau frisson me poussa à changer de sujet et à ne pas s’éterniser ici. « Je vous laisse me guider. » Je décalai légèrement mon bras sur le coté pour l’inciter à ce qu’il me propose le sien. Une pensée me vola un sourire, cette soirée aurait été orchestrée par le Dr. Coyle que cela ne m’aurait pas tant surprit. A force de travailler sur l’acceptation de mon handicap, cette expérience collait parfaitement à plusieurs situations impliquant que je ravale mon orgueil et que j’accepte de recevoir de l’aide. De la théorie à la pratique hein ? Cela semblait très fourbe comme processus et ma parano du soir n’arrangeait rien à mon avis sur le sujet. « Rassurez moi, vous ne travaillez pas avec le Dr. Coyle ? »

© TITANIA
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